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Rendre à Sicot ce qui est à Sicot…
By Frimouss | June 26, 2008
Il fut avec Nemours Jean Baptiste l’un des initiateurs de la mouvance compas direct. Le destin a voulu que la paternité du rythme soit accordée à ce dernier qui pourtant fut l’élève de Sicot.
« Nemours avait une plus grande souplesse sociale que Sicot, quoique celui-ci était plus doué musicalement. La souplesse du fameux saxophoniste lui a ouvert les portes des grands clubs du Port-au-Prince des années 60 tels que le fameux Cabane Choucoune », nous dira le critique musical Roland Léonard.
A l’époque des deux hommes, une forte polémique allait les opposer. Nemours maintenait le style compas direct tandis que Sicot allait lancer le « cadence rampas », un rythme légèrement différent du compas mais portant la touche du maître.
Ainsi les deux musiciens ont fait carrière chacun de son côté et connurent plus ou moins la gloire. Cependant, même si les deux hommes ont suivi une trajectoire différente, pour le cinquantenaire du compas, il faut bien rendre à Nemours ce qui est à Nemours et à Sicot ce qui est à Sicot.
Musicien polyvalent, multi-instrumentiste, saxophoniste virtuose, les qualificatifs pleuvent pour parler de celui qu’on a surnommé le “maestro difficile”.
Né en 1930 à Port-au-Prince, Wébert Sicot fut l’élève d’Augustin Bruno, l’un des plus célèbres musiciens de l’époque. Surnommé «le manchot des Casernes Dessalines», Augustin fut à un moment en charge de la Centrale des Arts et Métiers où Wébert s’est initié à la musique de même que son frère Raymond.
Musicien dans l’âme, Wébert Sicot allait, dès l’adolescence, fréquenter les musiciens les plus expérimentés tels que François Guignard. Celui-ci recommanda l’adolescent ainsi que son frère Raymond à Claudin Toussaint qui les embaucha afin de renforcer les rangs de son «Jazz Capois», où Wébert entama sa carrière de musicien professionnel.
Puis, c’est la période des navettes entre «Jazz des Jeunes» et «L’orchestre Saieh» avec lequel il a pu enregistrer un disque. Il se retrouve ensuite au sein du «Conjunto international», sous la conduite de son ami Nemours Jean Baptiste dont il deviendra d’abord le professeur, ensuite co-fondateur du rythme compas et enfin le rival .
Après son départ du “Conjunto”, il a évolué au sein de «l’Orchestre Citadelle» où il se fait remarquer. A l’époque où Sicot faisait des « stints » à l’orchestre Casino International, il maîtrisa peu à peu les ficelles du show-biz haïtien pour former son propre ensemble.
Ainsi, au début des années soixante, profitant de la désintégration de «l’Orchestre Latino», il s’allia à son frère Raymond et à d’anciens membres du Latino pour fonder «La Flèche d’or» des Frères Sicot (Raymond & Webert).
La collaboration des frères Sicot fut cependant de courte durée, Raymond préférant aller rouler sa bosse ailleurs. Mais, Sicot poursuivit l’aventure et entra en concurrence avec le «Jazz des Jeunes» et «l’Ensemble Nemours Jean-Baptiste».
Il entre en polémique avec la bande à Nemours Jean-Baptiste dans le morceau “Sispan ‘n voye Tach”. Puis, voulant apporter sa propre touche, Sicot élabora une variante de la “méringue haïtienne”, avec son Cadence Rampas, fort de sa vitesse d’exécution et d’une approche rythmique complexe de mélodies et de contre mélodies émaillée de modernité, grâce aux instruments amplifiés.
La concurrence entre ces deux rythmes (Compas et Rampas), selon Roland Léonard, n’a pas apporté grand chose à la musique haïtienne. « Elle nous a laissé quelques morceaux pleins de vantardises et de piques de la part de l’un et de l’autre », précise-t-il.
Mais là, c’était déjà le côté business. Mais, en fait d’ingéniosités, il n’y avait pas de personnages plus excentriques que Wébert et Nemours. Spécialement Sicot, avec ses solos, ses improvisations, son jeu et une exubérance bon enfant, se servant du sax comme un joujou épatant jusqu’à emboucher deux à la fois pour les jouer simultanément, de son style singulier toujours en soliste incomparable.
Multi-instrumentiste, il jouait de la flûte, de la trompette, du tambour, de la guitare, de la basse, du trombone à coulisse et des saxes: alto, ténor et baryton. Exigeant, il s’entraînait parfois à l’aide d’une serviette, avec laquelle il obstruait l’embouchure du sax et en y mettant tout son souffle.
Expert en combines, Sicot, qui voyageait très souvent à l’extérieur avec son orchestre, s’arrangea un beau jour avec des médecins qui désiraient quitter le pays pour les aider à prendre le large, à une époque où “Papa Doc”, le vieux dictateur, interdisait à ceux-ci d’émigrer. C’était vers les années 1968 et la nouvelle vague mini jazz commençait à s’installer confortablement. Et, sentant tourner le vent, Sicot qui était passé roi du carnaval laissait le pays furtivement, alors que ses fans, la mort dans l’âme, attendaient indéfiniment son retour. Il fut bruit que “Papa doc” était prêt à passer l’ éponge, mais le “maestro difficile”, comme l’appelèrent ses inconditionnels, n’était pas disposé à prendre de risque.
Installé à New York, Sicot continua à jouer de son sax pour un public de cabaret. II en profita pour assembler son «Orchestre Le Jeune», avec la collaboration des vétérans comme Charles Delva, Duffont Mayala, qui a régalé les mélomanes de Brooklyn et de Manhattan. Puis, il réalisa un disque instrumental de musique intimiste, fait de ballades; “Just for you”, en compagnie de quelques membres d’Ibo Combo de New York dont le talentueux Gaguy Dépestre à la flûte. On sait aussi qu’il eut l’opportunité d’enregistrer avec le grand orchestre de CBS, faisant montre de son génie dans un monde rompu au professionnalisme.
Il revint en Haïti au milieu des années 1970 pour reformer son orchestre avec lequel il essaya de reconquérir un public qui s’était déjà entiché d’une musique plus légère initiée par les mini-jazz. II a aussi participé à une tentative du groupe «Zotobre» de Serge Rosenthal qui n’a pas fait long feu.
En 1977, il renoue avec l’ambiance du carnaval, histoire de prouver au public qu’il n’avait rien perdu de sa verve. II jouait si éperdument qu’en arrivant à l’angle des rues Mgr Guilloux et Oswald Durand, il ne s’était pas aperçu d’une branche d’arbre qui l’éjecta du char et l’envoya à l’hôpital.
Il réalisa ensuite deux ou trois oeuvres en solo dont “Webert Sicot, The Greatest” et un dernier baroud d’honneur en commun avec Nemours : “L’union”, comme pour sceller une époque qu’ils ont dominée à eux deux et marquer leur réconciliation. Sans oublier une collaboration remarquée au sein de l’«Orchestre de la Radio Nationale», sous la conduite du maestro Raoul Guillaume.
Cardiaque, Sicot est mort en février 1985 en pleine ambiance carnavalesque.
Jonel Juste (S.C)
Topics: Culture |
3 Responses to “Rendre à Sicot ce qui est à Sicot…”
Comments
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June 30th, 2008 at 8:40 am
Oui. Sicot a aussi jouer sa partition dans la formation de notre Compas. Le Cadence Rempas est un Compas Complique, Et on aime jouer les choses facile, c’est d’apres moi ce qui a fait la popularite de Nemours et en meme temps du Compas Direct et c’est peut-etre pour cela qu’ on retient seulement le nom de Nemours pour Notre Compas Nationale
July 23rd, 2008 at 1:26 pm
Est-il possible d’enlever cet article de votre site car il ne fait aucun sens et ne répond à aucun critère de technique de recherche. au mois si l,auteur avait pris la peine de lire les livres qui sont publiés sur le sujet il aurait pu comprendre qu’on ne dit pas des insanités ainsi au visave des gens cultivés.
Il devait consulter les gens de l,époque pous cesser de dire des bétises.
Avant de dire ces bétises il devrait chercher à connaitre l’age des musiciens de qui il chante des histoires et il verrait que ses balivernes ne font aucun sens. Si sicot comme il dit est né en 1930 et Nemours en 1918, Nemours ne peut pas être l’élève de sicot. On n’a pas le droit de publier des bétises et des mensonges comme ça au non de la culture haïtienne. Il y a plein de livres écrits sur la musique haïtienne et qui informe sur les musiciens dont il est question dans cet article pourquoi il ne se donne pas la peine de la lire avant de dire des conneries de la sorte. Si Nono lamy n’est pas plus jeune que Sicot ins sont presque du même âge. Sicot a passé son adolescence à la Centrale qui fut une école de redressement et non de musique.
SVP Pitié gras la misèrikòd PITIÉ!
July 26th, 2008 at 6:14 pm
Monsieur Guerrier!
Je vous invite à lire deux articles écrits par des critiques qui sont à mon avis très crédibles.
Ils maitrisent très bien leur sujet.
Je veux parler de:
1) Jonel Juste (S.C)
[http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=&ArticleID=20341]
2) Roland Léonard [http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=56598 ]