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Hommage à Wébert Sicot(Les Plus Grands Succès Du K-Dans Ranpa)

By admin | April 26, 2008

sm_webertsicot_cd001.jpgPour imiter l’autre, je vous dirai que je vous parle d’un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître. Et comment donc ? A mes yeux ils sont nés d’hier, de la dernière pluie, ratant le meilleur de notre musique de danse populaire.

Voici les années soixante. Notre enfance. L’école primaire chez les F.I.C. à Pétion-Ville. Les répétitions de l’ensemble «Nemours Jean-Baptiste» au cours de la journée tout près à Cabane Choucoune ; les facéties et les «Yayad» de notre camarade Joël Georges «Chè pòpòt» en classe, excité par la musique, dans le dos du frère. Les classes secondaires, d’abord au lycée de Pétion-Ville, puis au Collège Georges Marc. La dictature de François Duvalier père comme ambiance politique. Les grands orchestres où dominent les «vents», les cuivres - saxophones et trompettes - l’accordéon, la contrebasse, la batterie, le «gong», le tambour-conga, les timides débuts de la guitare électrique. La percée puis l’âge d’or du compas direct, nouveau rythme de danse urbaine commerciale s’imposant insolemment à la barbe des seniors du «Jazz des jeunes» résistant par leur rythmes folkloriques. Une polémique rageuse qui prend fin officiellement avec la chanson «Bawon» des aînés, mais de qui Webert Sicot prend la relève avec «Sispann’ voye ròch».

Bref, dix ans de concurrence et de bonne guerre musicales, ponctués de temps à autre de belles compositions, de belles meringues carnavalesques exprimant toute l’ampleur d’une rivalité âpre et mémorable.

L’histoire a attribué la paternité du compas direct à Nemours Jean-Baptiste ; néanmoins Sicot a contribué à ses côtés à la fondation et l’émergence du rythme, dérivé du «tipico dominicain». Ils se sont séparés sur une querelle de leadership ; Webert Sicot fut incontestablement un musicien et créateur, supérieur à son rival. Formé ainsi que son frère Raymond à la «Centrale des Arts et métiers» par le maestro Augustin Bruno, dit «le manchot des Casernes Dessalines», Sicot, multi-instrumentiste, brilla principalement au saxophone alto dont il fut un virtuose inspiré, époustouflant…

… Un club de mélomanes nostalgiques, fidèles à la mémoire du grand homme et de la Cadence rempas, réunis sous l’appellation «Haïti et la fierté musicale d’antan» de concert avec la compagnie «DP production» de New York, a extrait une sélection de vingt (20) chansons-clés de l’époque, de quinze albums jetés à la poubelle de l’histoire ; pour un CD qui fera revivre ces heures de chaude ambiance, ces souvenirs heureux au coeur des anciens fans de K-dans ranpa et même de ses adversaires repentis.

De «Demain ça va plus bel» à «4 couleurs», on appréciera la voix de Gary French, unie à celle de André Dorismond ; on sera attentif aux variations subtiles du tempo augmentant frénétiquement le plaisir des danseurs, à cette pulsation entraînante, ce balancement du genre «bale la ri», traduction locale du «swing» autant que la figure du «graj» notre «guiro» national ; on dégustera les solos imaginatifs de l’accordéoniste Eddy Prophète qui n’avait pas encore fait le choix définitif du piano. On s’amusera de la voix moqueuse d’André Dorismond dans «deux guidons», chanteur porte- parole de la polémique. On sera médusé par la structure des morceaux à deux ou trois thèmes, s’enchaînant librement mais avec cohérence, et par le «mambo» de la musique avec ces riffs se chevauchant souvent, du genre trompettes sur fond de saxophones, portant au paroxysme la joie de danser. On percevra les «montunos» de Marc-Elie au lointain dans le back-ground et les solos bien affirmés de Toto Duval ou de Marcel à la guitare.

Le tout est d’un riche enseignement pour les nouvelles générations.

Présentation : 20 sélections pleines d’histoire.
1- Demain ça va plus belle
2- Deux guidons
3- Marcel Cocob
4- Plèzi ranpa
5- Machan’n poul
6- Tripotaj
7- Zépons
8- Femme têtue
9- Ti Georges Counan
10- Médecine Jalap
11- Ti Mal
12- Tou patou
13- Diol borquiè
14- Machan’n fresco
15- Bébé transistor
16- Souvenir du Cap-Haïtien
17- Pete filet
18- Pa fatigue’w
19- Mazora
20- 4 couleurs

Bonne écoute ! Bon voyage dans le temps passé.

Roland Léonard
N.B. Nos remerciements à M. Aly Acacia  

Topics: Culture |

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